La facture de Sarah Knafo sur l’Algérie relance le débat historique

Sarah Knafo a provoqué une vive polémique en avançant le chiffre de 9,056 milliards d’euros par an pour dire que l’Algérie « coûterait » à la France. Mais ce calcul, qui mêle visas, soins, prestations sociales, pensions, transferts financiers et une part supposée de la délinquance, additionne des postes de nature très différente et ne repose pas, selon le texte, sur une base comparable.
L’auteur du texte soutient que cette « facture » ne vise pas tant à informer qu’à faire circuler un argument politique simple : réclamer « pas un centime de plus à Alger ». En réponse, il appelle à élargir le regard et à rouvrir l’ensemble du dossier historique entre la France et l’Algérie, en rappelant que l’histoire ne commence pas en 1830 avec le débarquement français.
Le texte revient d’abord sur le contentieux financier qui précédait la conquête, autour d’une dette liée à des achats de blé pendant les guerres révolutionnaires. Il rappelle aussi qu’en juillet 1830, l’expédition française a conduit à la saisie d’un trésor à Alger, venu alléger le coût de l’occupation. Pour l’auteur, la logique coloniale consistait déjà à faire payer au pays conquis les moyens de sa domination.
La mise en valeur présentée comme un apport de civilisation est également contestée. Routes, écoles et hôpitaux sont décrits comme des instruments de contrôle, dans un système où la terre fut confisquée, les populations déplacées et les ressources exploitées. Le texte insiste aussi sur les violences de la conquête, les enfumades, les famines et les destructions de villages, ainsi que sur des épisodes comme le massacre de Laghouat en 1852, où plus des deux tiers des habitants auraient été tués selon les sources citées.
L’article élargit enfin le débat aux soldats algériens morts pour la France, à l’exploitation de la main-d’œuvre, aux essais nucléaires dans le Sahara et aux archives encore incomplètement ouvertes. Sa conclusion est claire : avant de parler d’une prétendue dette algérienne, il faudrait d’abord examiner le passif colonial français dans toute son ampleur.




